I

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Emile Dekytspotter
Le Petit Livre de la science ou le langage logique des lettres
Chapitre premier.
 
L’Idée Littérale.
 
Il est une conception servant de sujet ou de moteur à toutes les sciences, d’élément à tous les livres, d’architecture à toutes les langues, de stimulant à tous les arts ; car à la peinture et à la sculpture il faut l’histoire, et à la musique il faut la poésie ; formant enfin la merveilleuse similitude à la fois de la voix de l’intelligence et de la personnalité humaine. Cette conception, le lecteur l’a reconnue et la voit dans son évidence... c’est la Lettre !
Quel homme de génie peut revendiquer comme sa conception propre, ce signe, arbitre universel de la Lumière et de la Science ?... Quel savant oserait seulement s’attribuer la coordination alphabétique ?...
Mais soyons de bonne foi, et rendons à Dieu ce qui appartient à Dieu. Or, la lettre est la monnaie intellectuelle dont le glorieux tribut revient à Dieu. Inclinons-nous donc devant cette évidence scientifique et morale. Faisons mieux et osons plus : jetons à l’ignorance, aux préjugés, à la superstition, cette apostrophe à la fois adjuration et objurgation ; car elle est en intelligence et en esprit de la Lettre ce que fut dans le fait la fronde de David lançant la pierre au front de Goliath ; ce que fut le fouet de petites cordes du Christ chassant les vendeurs du Temple.
L’ÉCRITURE
(Comme organe intègre de la foi.)
A LA TRADITION
(Comme sel affadi de la vérité Évangélique.)
Ma sœur, regarde-moi ! (comme le Christ après sa résurrection, dit à Thomas encore incrédule : touche-moi !) car je suis la vérité toute nue ; je suis aussi la voix criant dans le désert ; je suis encore la nourriture des grandes âmes ; je suis ce qu’est l’aspect abrupt et majestueux des montagnes pour les Guillaume-Tell ; ce qu’est l’harmonie de la nature et l’azur étoilé du firmament pour le poète ; ce qu’est l’abnégation, la résignation, la charité pour la foi de l’Apôtre ; je suis en un mot la Liberté parce que je suis aussi la Lumière !...
Ne sois donc pas jalouse de mon élévation, de ma puissance, de ma gloire, et résigne-toi à ton tour à mon humilité descendue jusqu’à la banalité ; car tu as semé par la diffusion ce que je viens moissonner par la rédemption ; car tu t’es faite domination orgueilleuse et égoïsme farouche, et je me suis faite poésie naïve et paisible Lumière de la nuit : car tu t’es crue cheval de bataille dans ta présomption, et moi, je me suis vue le Céraste du sentier dans ma résignation ; c’est pourquoi je viens te mordre aux paturons, car ton nom est Babel et le mien est Sion ; ton image est le fétiche vivant de la superstition ; la mienne est celle de la pierre angulaire de la vérité !...
Ainsi donc se vérifie cet oracle de l’Écriture : «Celui qui tombera sur cette pierre sera brisé ; celui sur qui cette pierre tombera sera écrasé.»
Comme tout est sublime similitude ou poésie élevée dans l’idée ou la conception littérale. C’est donc par elle que nous comprenons dans la prophétie suivante : « Le Soleil sera changé en ténèbres et la Lune en sang avant que le grand et signalé jour du Seigneur arrive. » (Joël). C’est, dis-je, par l’analogie sublime des lettres comme personnalité spirituelle, que nous devons voir par l’orthographie des noms de deux Luminaires terrestres, une comparaison grandiose au rôle majestueux ici-bas, les deux Luminaires de la Sagesse et le la Gloire Divine : la Parole et l’Écriture. — De même que dans le nom du prophète Joël, il faut reconnaître par les lettres qui le composent la personnalité spirituelle de la sublime mission des lettres pour l’humanité.
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Exemple d’analyse intellectuelle des mots.
OUI.
 
Cette lettre forme dans ce mot le 1er terme de son rapport logique, c’est-à-dire l’objet, la tête, ou l’expression élevée. Sa détermination intrinsèque démontrée dans l’alphabet, est le principe affirmatif de l’être, ou l’aspiration à l’affirmation absolue de l’Être.
 
Cette lettre forme par sa position intérieure dans le mot le 2ème terme de son rapport logique ; elle forme donc le sujet, le moteur ou le cœur de la personnalité verbale de ce mot. Sa détermination intrinsèque est le principe expansif, ou l’aspiration à l’expansion absolue de l’Être ; son rôle secondaire relatif à l’objet du mot, exprime l’action de cet objet.
 
Cette voyelle forme par sa position finale dans le mot, la cause de ce mot, c’est-à-dire le mode d’action du sujet, autrement dit : la détermination de ce sujet. Sa détermination intrinsèque indiquée par l’alphabet, est en essence : la Lumière sublime de l’Être ou sa détermination glorieuse et absolue. Son rôle relatif dans ce mot sert à l’union ou l’unité du sujet et de l’objet.